
Josselyne COSTE répond à Haute Provence Info
Les prétendants au fauteuil du maire sont légion, parmi eux, Josselyne Coste, ancienne adjointe de l’équipe et bien décidée à faire valoir sa légitimité.
Sa liste, « Manosque c’est vous », est quasiment bouclée avec des gens de la société
civile.
« C’est une belle aventure avec des personnes indépendantes des partis,
moi-même je ne suis encartée nulle part ». Elle est entrée sur la listede Bernard Jeanmet en 2001
en tant que représentante de la société civile, elle en est sortie avec le même statut. « Je ne me présente pas contre quelqu’un mais pour bâtir autre chose ».
HPI - Vous dites «je ne me présente pas contre quelqu’un, mais je veux bâtir», donc, en face, ils n’ont rien bâti ?
J.C. – « En fait, je veux bâtir quelque chose de
différent », le propos est déjà nuancé,
« car la politique, c’est au sens noble du terme que je la conçois, c’est-à-dire au service de la cité. La politique ne
doit pas empêcher de rester soi même, je suis contre la politique politicienne, j’ai une autre conception de la conduite d’une ville. Ce qui m’intéresse, ce sont les
gens que je côtoie, il me paraît inconcevable de gérer une ville sans eux, le maire n’est que leur porte-parole. Il ne doit pas être un patron mais une personne en
phase avec la population, un capitaine qui porte les projets et qui ne doit pas décevoir ».
À ses yeux, les mots importants : démocratie
(.savoir rester
humble, rester à l’écoute de tous,opposition
comprise.), liberté, société civile.
HPI - Pourtant, vous sortez de la majorité municipale avec des responsabilités, vous êtes dépositaire d’un bilan.
J.C. – « J’ai appartenu à la majorité pendant 3 ans. Adjointe aux affaires sociales, je faisais confiance aux gens qui étaient autour de moi. Il y a eu cette dissidence car on m’a dit du
jour au lendemain que l’UMP gérait tout, or je n’étais pas entrée dans cette optique-là. On m’avait dit que la politique politicienne ne mettrait pas les pieds dans
la mairie ! Après, je me suis intéressée à d’autres choses. Je n’ai pas démissionné par respect pour les électeurs ».
HPI - Que pensez-vous de la gestion municipale, par exemple de la dette par habitant qui a baissé ?
J.C. – « La dette par habitant a baissé, mais une mairie doit-elle faire des bénéfices ? Il faut quand même que
les gens vivent ». Elle revient sur la démocratie et la communauté de communes : « C’est une communauté politique mais pas géographique. Elle regroupe des villes et des villages d’un même parti ».
HPI - Pas partout, ILO par exemple.
J.C. – « Nous aurions pu avoir une communauté du bassin manosquin avec Villeneuve et Sainte-Tulle, or, dans notre communauté, les oppositions ne sont pas représentées. C’est au maire, si il est assez démocrate, de faire ces choix, c’est ce que je ferai. L’opposition siégera en communauté de communes et dans toutes les instances
importantes ».
Elle évoque la philosophie de sa liste ». Différente dans sa conception, dans son pluralisme,
dans son fonctionnement, sa
compositionet ses priorités, dans ses choix et un certain nombre
de solutions. Je trace ma route sans m’occuper des autres, en tout cas sans les attaquer. Notre programme n’est pas bâti de façon
arbitraire ».
HPI - En matière d’alliance éventuelle.
J.C. – « Je refuse les accords de pouvoir, il n’y aura pas de marchandage, nous ne
sommes pas propriétaires des voix », puis fait référence aux cantonales de 2001. Un mot sur le Sillon 04, « une association citoyenne ».
HPI - Concernant Chanteprunier, que proposez- vous de mieux ?
J.C. – « A-t-on besoin de 30 000 habitants à Manosque ? Il faut préserver l’environnement rural, la "vraie richesse de Manosque", sauvegarder notre espace vital ».
Elle poursuit : « Il est
difficile de concilier un pôle touristique avec une cheminée de 17
mètres au pied du Mont d’Or ! Je suis contre cette extension démesurée
car nous n’avons pas besoin, à Manosque, d’un Plan de Campagne, qui fera mourir le centre ancien ». Dans
le centre ancien, « les commerces ferment, il n’y a plus de services publics. Il faudrait une annexe de la Poste et des autres services, créer des petits groupes de logements pour les personnes âgées avec des services communs. Ces gens pourraient faire vivre les
commerces de proximité. Il faut l’aérer, trop de lieux de vie ferment. Les cafés sont un lieu de socialisation ».
HPI - Que représente Iter pour Manosque ?
J.C. – « Il ne faut pas en surestimer les retombées, les effectifs sont étrangement revus à la baisse chaque fois qu’on en parle. Pour attirer
les « ité-riens » il faut d’abord rendre notre ville attractive. Ce sont des gens aisés, il faut des centres sportifs, améliorer les infrastructures
culturelles ».
HPI - Et concernant l’École Internationale ?
J.C. – « Elle ne doit pas être élitiste, il faut une égalité des chances ». Le logement suit cette logique, « ça ne doit pas
être une priorité liée à ITER mais à l’intra muros. Il faut favoriser l’accès à la propriété aux petits revenus. Dans le parc, j’ai vu des gens vivre dans des conditions insalubres. Dans les
logements sociaux, il faut d’abord penser à ceux qui attendent. La population de Manosque vieillit ».
Elle enchaîne sur la question des crèches :
« Création de crèches parentales, de crèchesd’entreprises et de crèches pour enfants handicapés. Je suis pour les petites
structures ». Pour conclure, l’objectif est de se retrouver au deuxième tour, c’est
évident. « Cette ville m’a tout donné. Me présenter
est une manière de lui rendre ce qu’elle ma apporté ».
Jean BANNER